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Risques psychosociaux au travail : définition et prévention
Les risques psychosociaux au travail regroupent le stress, les violences internes et les violences externes que peuvent subir les salariés. Ils se préviennent comme les autres risques professionnels : on les évalue, puis on agit d’abord sur l’organisation du travail.
Que sont les risques psychosociaux ?
Les risques psychosociaux (RPS) correspondent à des situations de travail où sont présents, combinés ou non, trois éléments. Le premier est le stress. Il naît d’un déséquilibre entre les contraintes perçues du travail et les ressources dont on pense disposer pour y faire face. Le deuxième regroupe les violences internes, commises par des salariés : harcèlement moral ou sexuel, conflits exacerbés entre personnes ou entre équipes. Le troisième regroupe les violences externes, commises par des personnes extérieures à l’entreprise : insultes, menaces, agressions.
Ces risques peuvent naître de l’activité elle-même, ou bien de l’organisation et des relations de travail. Ils sont souvent imbriqués : le stress peut ainsi favoriser des tensions entre collègues, qui augmentent à leur tour le stress de l’équipe.
L’exposition à ces situations peut avoir des conséquences sur la santé : maladies cardio-vasculaires, troubles musculosquelettiques, troubles anxio-dépressifs, épuisement professionnel, voire suicide. Elle pèse aussi sur le fonctionnement de l’entreprise, par l’absentéisme, la rotation du personnel ou la dégradation de l’ambiance de travail.
Sources : INRS, « Prévenir les risques psychosociaux (RPS). Ce qu’il faut retenir », mis à jour le 09/11/2021 ; INRS, « Prévenir les risques psychosociaux (RPS). Prévention », mis à jour le 09/11/2021.
Quelques repères chiffrés
31 %
des salariés rapportent des comportements hostiles au travail en 2024, contre 29 % en 2016.
Source : Dares, Dares Analyses n° 37, « Quelles évolutions des conditions de travail et des risques psychosociaux depuis 2016 ? », 09/09/2026
29 000
accidents du travail environ ont été identifiés en lien avec des RPS en 2024, soit 14 % de plus qu’en 2023.
Source : Assurance Maladie, « Prévention des risques psychosociaux : les solutions de l’Assurance Maladie – Risques professionnels », 21/04/2026
1 805
affections psychiques ont été reconnues en maladie professionnelle en 2024, contre 840 en 2020.
Source : Assurance Maladie, même communiqué, 21/04/2026
Quels sont les six facteurs de risques psychosociaux ?
En 2011, un collège d’experts réuni à la demande du ministre du Travail a classé les facteurs de risques psychosociaux en six familles. Ce classement sert aujourd’hui de référence, notamment à l’INRS, pour évaluer ces risques en entreprise.
Intensité et temps de travail
Contraintes de rythme, objectifs irréalistes ou flous, instructions contradictoires, longues journées, horaires atypiques ou imprévisibles.
Exemple : un service qui absorbe depuis plusieurs mois le travail de deux postes vacants.
Exigences émotionnelles
Devoir maîtriser, cacher ou simuler ses émotions, tensions avec le public, contact avec la souffrance ou la détresse.
Exemple : une équipe de soins de nuit confrontée seule à des situations de fin de vie.
Autonomie
Marges de manœuvre pour organiser son travail, participation aux décisions qui concernent son activité, utilisation et développement de ses compétences.
Exemple : des procédures si détaillées qu’elles ne laissent plus de place au jugement professionnel.
Rapports sociaux au travail
Relations avec les collègues et la hiérarchie, perspectives de carrière, évaluation du travail, attention portée au bien-être des salariés.
Exemple : un manager de proximité qui n’a plus le temps d’échanger avec son équipe.
Conflits de valeurs
Ecart entre ce qui est exigé au travail et ses valeurs professionnelles ou personnelles. C’est le cas quand on juge son travail inutile, ou qu’on ne peut pas le faire avec qualité.
Exemple : réduire le temps passé auprès de chaque usager pour tenir les délais.
Insécurité de la situation de travail
Peur de perdre son emploi ou de ne pas maintenir son salaire, contrat précaire, changements non maîtrisés de la tâche ou des conditions de travail.
Exemple : une réorganisation annoncée sans calendrier ni information sur les postes.
Sources : Collège d’expertise sur le suivi des risques psychosociaux au travail, « Mesurer les facteurs psychosociaux de risque au travail pour les maîtriser », ministère du Travail, 11/04/2011 ; INRS, « Facteurs de risque », mis à jour le 09/11/2021.
Quels sont les signes d’alerte ?
Certains signes individuels peuvent traduire une exposition aux risques psychosociaux : troubles de la concentration ou du sommeil, irritabilité, nervosité, fatigue importante. A l’échelle d’une équipe, d’autres signaux méritent l’attention : hausse de l’absentéisme, départs plus fréquents, ambiance de travail qui se dégrade, tensions ou conflits.
Un signe isolé ne suffit pas à conclure. C’est la convergence de plusieurs signaux, suivis dans le temps et rapprochés de l’organisation du travail, qui justifie d’engager une démarche d’évaluation.
Source : INRS, « Prévenir les risques psychosociaux (RPS). Prévention », mis à jour le 09/11/2021.
Ce que dit la réglementation sur les risques psychosociaux
L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs (article L4121-1 du Code du travail). Il planifie la prévention en y intégrant l’organisation du travail, les conditions de travail et les relations sociales (article L4121-2). Les risques liés au harcèlement moral et sexuel en font partie. Il donne par ailleurs la priorité aux mesures de protection collective sur les mesures individuelles.
L’employeur évalue les risques, y compris dans l’organisation du travail, et transcrit les résultats dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Le comité social et économique (CSE) est consulté sur ce document et ses mises à jour (articles L4121-3 et L4121-3-1). Dans les entreprises d’au moins onze salariés, le DUERP est mis à jour au moins chaque année (article R4121-2).
A partir de cinquante salariés, l’évaluation débouche sur un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT). En dessous de ce seuil, l’employeur définit des actions de prévention, consignées dans le DUERP (article L4121-3-1).
Le CSE analyse les risques professionnels et peut proposer des actions de prévention du harcèlement moral, du harcèlement sexuel et des agissements sexistes (article L2312-9). Le harcèlement moral et le harcèlement sexuel sont définis aux articles L1152-1 et L1153-1.
Sources : Code du travail, articles L4121-1, L4121-2, L4121-3, L4121-3-1, R4121-2, L2312-9, L1152-1, consultés le 28/10/2026. L’article L4121-3-1 est issu de la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail.
Comment prévenir les risques psychosociaux ?
La prévention des risques psychosociaux distingue trois types d’actions. Les premières suppriment ou réduisent le risque à la source, en agissant sur l’organisation du travail : c’est la prévention primaire. Les deuxièmes donnent aux salariés et aux managers des repères face aux situations difficiles, par la formation ou l’alerte : c’est la prévention secondaire. Les troisièmes réparent les effets des risques qui n’ont pu être évités : c’est la prévention tertiaire. Elle passe par la prise en charge des personnes en souffrance et l’accompagnement lors de la reprise.
Une démarche collective, centrée sur le travail et son organisation, est à privilégier. Elle s’articule en cinq étapes.
1
Préparer la démarche
Fixer un cadre et des règles de fonctionnement, à valider avec le CSE ou avec les salariés. La démarche associe les représentants du personnel et le service de prévention et de santé au travail. Elle porte sur les situations de travail, et non sur les comportements individuels ou la vie privée.
2
Analyser les situations de travail réelles
Identifier les facteurs de risque présents, unité de travail par unité de travail. C’est l’objet d’une évaluation des risques psychosociaux, comme notre baromètre RPS.
3
Elaborer un plan d’actions
Retenir des mesures concrètes, en commençant par celles qui agissent sur l’organisation du travail.
4
Mettre en œuvre le plan d’actions
Par exemple en formant les managers au repérage des difficultés (voir nos formations en santé mentale et prévention des RPS).
5
Suivre et évaluer les actions
Vérifier leurs effets, puis mettre à jour le DUERP.
Sources : ministère du Travail, « La prévention des risques psychosociaux (RPS) », mise à jour le 23/07/2024 ; INRS, « Prévenir les risques psychosociaux (RPS). Prévention », mis à jour le 09/11/2021 ; INRS, « Prévenir les risques psychosociaux (RPS). Ce qu’il faut retenir », mis à jour le 09/11/2021.
Comment SerenLeaf peut vous accompagner
Baromètre RPS
Evaluer les risques psychosociaux de vos équipes par une enquête en ligne, puis construire avec vous une proposition de plan d’action.
Formations
Former vos managers et vos équipes au repérage des difficultés et à la prévention des risques psychosociaux.
Ligne d’écoute psychologique
Offrir à vos collaborateurs et collaboratrices un soutien psychologique confidentiel.
Interventions et gestion de crise
Intervenir après un événement grave qui touche une équipe.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes sur les risques psychosociaux
Ce sont des situations de travail où sont présents, combinés ou non, trois éléments. Il s’agit du stress, des violences internes (harcèlement, conflits exacerbés) et des violences externes (insultes, menaces, agressions). Ils peuvent provenir de l’activité elle-même ou de l’organisation et des relations de travail.
L’INRS en distingue trois : le stress, les violences internes commises par des salariés et les violences externes commises par des personnes extérieures à l’entreprise. Ces risques sont souvent liés entre eux.
Ce sont l’intensité et le temps de travail, les exigences émotionnelles, l’autonomie et les rapports sociaux au travail. S’y ajoutent les conflits de valeurs et l’insécurité de la situation de travail. Ce classement vient d’un rapport d’experts remis au ministre du Travail en 2011.
L’employeur doit évaluer les risques pour la santé physique et mentale des travailleurs, y compris dans l’organisation du travail. Il en transcrit les résultats dans le DUERP. Dans les entreprises d’au moins onze salariés, ce document est mis à jour au moins chaque année.
La prévention primaire supprime ou réduit le risque à la source, en agissant sur l’organisation du travail. La prévention secondaire donne aux salariés et aux managers des repères pour faire face. La prévention tertiaire répare les effets des risques qui n’ont pu être évités.
L’épuisement professionnel, ou burn-out, est un ensemble de réactions à des situations de stress professionnel chronique. C’est une conséquence du stress au travail. Ses facteurs de risque sont donc globalement ceux des risques psychosociaux, comme la surcharge de travail ou le manque de soutien social.
La prévention des risques psychosociaux est une obligation de l’employeur. Les démarches de qualité de vie au travail visent d’autres enjeux, comme la conciliation des temps de vie. L’absence de risques psychosociaux en est une condition nécessaire.
Sources : INRS, « Prévenir les risques psychosociaux (RPS). Ce qu’il faut retenir », mis à jour le 09/11/2021 ; INRS, « Epuisement professionnel ou burnout », mis à jour le 24/09/2024 ; Code du travail, articles L4121-1, L4121-3, L4121-3-1, R4121-2 ; ministère du Travail, fiche RPS, 23/07/2024 ; rapport du Collège d’expertise, 2011.
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